#48: Barbara Montemurro

Écrit par Pawel Zbieranowski

Barbara Montemurro a dédié 40 ans de sa vie au bénévolat. Pendant toutes ces années, tout le monde l'appelait «Barb». Et même si d'autres Barbaras étaient aux alentours, si vous aviez besoin de quelque chose, vous n'aviez tout simplement qu'à demander où était Barb, et tout le monde savait de qui vous parliez.

L'engagement de Barb envers les sports en fauteuil roulant a commencé à la Torontolympiade de 1976. À titre de membre du programme protocolaire de la cérémonie d'ouverture, Barb a rencontré des personnalités comme le Dr Robert Jackson, directeur des Jeux et fondateurs de l'ACSFR, ainsi que Sir Ludwig Guttmann, un des pères fondateurs des sports en fauteuil roulant. À ces Jeux de Toronto, Barb a été complètement subjuguée par les performances des athlètes. Cela a été un déclic pour elle, et depuis, elle a été bénévole pour les sports pour personnes ayant un handicap.

Après la Torontolympiade, Barb a répondu à une publicité dans un journal local demandant des bénévoles pour le Centre de réadaptation Lyndhurst de Toronto. Et là, elle s'est jointe au club de sports en fauteuil roulant des Bulldogs de Toronto. À l'époque, ce groupe d'athlètes tétraplégiques jouaient à ce sport récemment inventé, appelé le «Murderball», et faisait aussi de la compétition d'athlétisme (et surtout de slalom en fauteuil roulant). L'esprit exceptionnel, le sens de l'humour et le dévouement de Barb lui ont rapidement valu la réputation de bénévole extraordinaire. Elle est devenue leader et mentor de nombreux athlètes et bénévoles recrues, dont je faisais partie.

L'implication de Barb auprès des athlètes ayant un handicap l'a rapidement menée à des postes administratifs aux niveaux provincial et national. Elle a fait partie du comité de direction de l'Association des sports en fauteuil roulant de l'Ontario (OWSA) dont elle a notamment été présidente pendant plusieurs mandats. Barb a également été membre fondatrice de deux programmes mis en oeuvre à l'échelle de la province : “Sport Alliance of Ontario” et “Sport 4 Ontario”. Elle a occupé plusieurs postes au sein du comité de direction de l'Association canadienne des sports en fauteuil roulant (ACSFR) et notamment ceux de VP des sports de haute performance, et de VP du marketing et des communications.

Peu importe le poste administratif qu'elle occupait, Barb était toujours proche des athlètes et les soutenait directement. Qui peut oublier comment les jeunes athlètes serraient les mains de Barb pour apaiser leur stress avant leurs compétitions de Murderball / rugby en fauteuil roulant ou d'athlétisme? Parfois, ses mains devenaient toute blanches d'avoir été pressées si fort! Souvent, on trouvait Barb, à Stoke Mandeville, vers quatre heures de l'après-midi dans la cuisine, en train de faire cuire des pâtes pour les coureurs de marathon en fauteuil roulant de l'équipe canadienne. (Le marathon devait commencer à 18 h 30 pour qu'il perturbe le moins possible la circulation locale.) Au début des années 1980, on a affublé Barb du surnom de «Maman Murder» pour traduire son implication profonde envers le développement et la promotion du Murderball.

Durant sa carrière bénévole, Barb a aussi occupé diverses fonctions administratives et notamment celle de gérante d'équipe. Elle a été gérante de plusieurs équipes ontariennes de sports en fauteuil roulant participant à des championnats canadiens. Elle a également été sélectionnée plusieurs fois à titre de gérante de l'équipe canadienne participant aux Jeux internationaux de Stoke Mandeville de sports en fauteuil roulant. 

Et en plus de s'occuper de tous les athlètes en fauteuil roulant membres de l'équipe canadienne à ces Jeux de Stoke, Barb trouvait aussi le temps de faire la promotion du Murderball / rugby en fauteuil roulant après des athlètes venant de tous les coins du monde, en organisant de courtes parties officieuses. Ces parties avaient lieu dans les stationnements, sur une aire d'atterrissage d'hélicoptères, et éventuellement dans un gymnase, mais seulement entre des parties de basketball en fauteuil roulant.

Alors qu'elle représentait Équipe Canada, Barb a eu le privilège de rencontrer des membres de la famille royale, et notamment Sa majesté la reine Elizabeth, le prince Charles, et la princesse Sarah Ferguson.

Le volet international du bénévolat de Barb l'a conduite aux Jeux paralympiques de Seoul (1988), de Barcelone (1992) et d'Atlanta (1996). Elle a aussi participé aux championnats du monde de rugby en fauteuil roulant à Nottvil, en Suisse (1995), à Toronto (1998) et à Göteborg, en Suède (2002). Barb a également été trésorière de la Fédération internationale de rugby en fauteuil roulant de 1993 à 2002. 

Le parcours bénévole de Barb n'a pas été affecté par son propre handicap. Au fil des ans, en commençant au début des années 1990, elle a commencé à perdre la vue suite à une infection des yeux. Là encore, sa force morale et son sens de l'humour lui ont permis de surmonter cette situation. Elle a continué comme s'il n'y avait aucun obstacle, faisant preuve d'une attitude exemplaire. Dans le cadre de ses activités quotidiennes de dirigeante sportive bénévole Barb a «prêté ses oreilles» à beaucoup de participants, les écoutant et leur prodiguant des conseils, négociant pour eux et trouvant des solutions à leurs problèmes. Elle personnifiait vraiment sa devise personnelle CCR : «communication, coopération et respect».

Barb nous dit qu'au fil des ans, ce qui l'a le plus enthousiasmée à titre de bénévole pour les sports en fauteuil roulant, c'est l'occasion de pouvoir observer et suivre les carrières en pleine évolution de nouvelles jeunes recrues et de nouveaux bénévoles.

Barb a reçu divers prix provinciaux et nationaux en reconnaissance de son travail bénévole. L'ACSFR lui a décerné le prix Dr Robert Jackson en 1999, et plus tard a reconnu ses contributions aux sports en fauteuil roulant en créant le prix Barbara Montemurro de l'ACSFR, qui est remis aux bénévoles exceptionnels de l'ACSFR.